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30-09-2006
à 12:16
, Transmis par M.Khalid
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| Le Maroc envisage de régionaliser les soins de santé pour assurer un meilleur accès à tous les citoyens |
Pour que tous les Marocains soient égaux en matière d’accès aux soins, le Maroc a opté pour la régionalisation dans le secteur de la santé. Une stratégie que professionnels et citoyens ont accueilli avec un grand soulagement. Mais les obstacles potentiels sont les limites en ressources humaines et le fait de convaincre les médecins de se rendre dans les zones rurales.
Le gouvernement marocain a décidé de régionaliser le secteur de la santé, afin qu'un accès aux soins égal soit garanti à tous les Marocains.
"On ne va plus accepter que les citoyens souffrent dans les régions lointaines. La médecine est devenue une pratique d’urgence", a déclaré à Magharebia le professeur Adil Bensouda, secrétaire général du collège marocain interdisciplinaire du cœur et des vaisseaux.
Les régions ne sont pas, en effet, desservies de la même manière en infrastructures. Les grands hôpitaux et les cliniques privées sont concentrés sur l’axe Kénitra-Al Jadida, sur le littoral central, près de Casablanca. Ce déséquilibre a poussé le gouvernement à réfléchir à l'implantation d'hôpitaux dans les régions les plus éloignées de la capitale, Rabat.
Le professeur Bensouda estime que la régionalisation sera essentielle pour l'avenir et qu'il est primordial que la médecine se transforme en un service de proximité.
L'idée est de rapprocher le médecin du citoyen. Ainsi, la première direction générale de la santé a été implantée dans l'est du Maroc, à Oujda.
Cette expérience-pilote de décentralisation de l'administration sanitaire a été réalisée dans le cadre du projet d'appui à la gestion du secteur de la santé. Le ministère de la Santé compte bien la généraliser à d'autres régions dans les années à venir. Cette stratégie permettra des améliorations dans la prise en charge des citoyens au quotidien.
Le docteur Cherkaoui Ahmed déclare que la régionalisation en matière de santé nécessite un effort de longue haleine. Il explique que dans un pays aussi varié que le Maroc, les comportements et les pathologies sont fortement influencés par l’environnement comme en témoignent les variations géographiques de la natalité, de la mortalité maternelle et néonatale, de la prévalence du SIDA, du goitre, de la tuberculose et des accidents de la voie publique. D’où la plus haute importance de la régionalisation. Cette dernière, selon lui, doit être prise en considération dans les plans et les stratégies.
Pour sa part, le docteur Mohamed Boubkri, secrétaire général du syndicat indépendant des médecins du secteur public, craint que le manque manifeste de ressources humaines n'entrave la mise en place de cette stratégie de régionalisation.
"On ne recrute pas assez de médecins dans le secteur public. On note aussi un manque de personnel paramédical. Ce sont quelques obstacles à la régionalisation”, affirme-t-il.
Salima Berrada, pédiatre, partage cet avis. Elle pense que le Maroc doit s’atteler à la formation des ressources humaines nécessaires et à leur redéploiement selon les besoins de chaque région. Elle dit que la plupart des médecins ne veulent pas exercer dans des villes ou des campagnes éloignées de Rabat ou de Casablanca.
"Aussi, faut-il réfléchir à une méthode pour inciter les jeunes médecins à s’implanter dans les diverses régions. Pour cela, il faut non seulement mettre en place l’infrastructure sanitaire adéquate, mais aussi les lieux de loisirs et de détente", déclare-t-elle.
L’harmonisation de l’offre territoriale contribuera à l’amélioration de la qualité des prestations. Les Marocains espèrent que la régionalisation tiendra ses promesses, pour que tous les citoyens puissent accéder sans difficultés aux soins de santé.
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