Des légendes de la musique brésilienne a la Bastille a Paris
Le ministre - musicien Gilberto Gil, Jorge Ben Jor, Gal Costa: la soirée brésilienne organisée Place de la Bastille a Paris ce mercredi verra se succéder, a l'initiative de Gilberto Gil, ces légendes de la musique populaire brésilienne et d'autres musiciens plus jeunes comme Lenine, Seu Jorge, Daniela Mercury.
A 63 ans, le Bahianais Gilberto Gil, ministre de la Culture de son pays, défend depuis plusieurs décennies, a la tete de son groupe électrique de huit musiciens, une musique qui synthétise rythmes afro-bahianais, rock, reggae, et certaines musiques africaines.
Gal Costa et Daniela Mercury, les deux femmes de cette soirée, viennent aussi de Salvador de Bahia. Gal Costa fut la muse du tropicalisme, un mouvement né au milieu des années 60 qui revendiquait l'ouverture des musiques brésiliennes populaires a la pop music ango-saxonne. Elle demeure a 59 ans l'une des plus grandes chanteuses brésiliennes.
Daniela Mercury, 40 ans, ancienne danseuse, est réputée pour son énergie et sa vitalité. Cette femme attachée a sa ville est l'une des reines du "trio electrico" (une chanteuse-danseuse s'exprimant avec ferveur sur fond de guitares et basse électriques).
Jorge Ben Jor, un pur carioca, a composé quelques-uns des plus grands tubes de la "MPB" (musique populaire brésilienne): "Pais Tropical", Fio Maravilha"... Ce personnage excentrique propose toujours a 63 ans ce mélange détonnant de samba, de funk, de rock, de disco (Rod Stewart fut condamné pour l'avoir plagié dans la chanson "Do you think I'm sexy"). Il a meme mis du hip hop dans sa musique festive dans les années 90, celles d'un "come back" réussi.
Lenine, 45 ans, de Recife dans le Nordeste, a éclos au début des années 80. A l'instar de Chico Science, qui inventa a l'époque le mangue-beat, une musique malaxant rythmes locaux de carnaval, hip hop et électro, Lenine développe une synthese intelligente de rythmes locaux (maracatu, côco...) et de rock.
Seu Jorge, un ancien sans-logis devenu acteur, s'est aventuré récemment dans la musique. Cet enfant des favellas interprete d'une voix chaude et sensuelle sambas et bossas, avec une touche moderniste.
Pas de fete brésilienne sans rythmes de carnaval: Ile Ayie, un "bloco afro" (troupe de percussionnistes) qui anime chaque année le carnaval a Bahia "la Negra", sera a l'affiche.
Henri Salvador, considéré au Brésil comme l'un des parrains de la bossa nova, ouvrira cette soirée, retransmise en direct sur France Inter et qui se terminera par La Marseillaise et l'hymne brésilien interprétés en choeur par tous les chanteurs.